Big City

Le Big Cola, origines et secrets

Sir Ian Big a 25 ans lorsqu’il reprend la ferme de ses parents au décès de son père. Bien que ses cultures de cannes à sucre lui permettent de vivre convenablement, il décide à ses 30 ans d’utiliser l’héritage de ses parents – qu’il avait mis de côté jusque là – pour, selon ses dires, « tenter une expérience qui consisterait en une innovation sans précédent et participerait à une démarche d’enrichissement personnel dans la quête d’une démarcation du contexte socio-économique familial ».

Il investit alors une grande partie de son héritage dans l’élargissement de ses plantations actuelles et acquiert à bas prix plusieurs ares de terrains dans le sud-est du pays, jusqu’alors inhabité et délaissé à cause de son climat chaud et sec et sa quasi-absence de sources d’eau proches. Il y lance la culture d’une plante jamais cultivée auparavant, dont il tait le nom.

Pris pour un fou par ses congénères, il passe les 6 années suivantes à faire des recherches et des expériences, reclus dans la maison qu’il a bâtie dans ses nouvelles terres. Très vite il fait construire plusieurs habitations pour les ouvrier·ère·s qu’il emploie dans ses champs et à ses 35 ans il fait construire plusieurs bâtiments, dont une usine, qu’il entoure de murs et d’accès sécurisés.

A ses 36 ans, il lève enfin le voile sur le mystère de ses années de travail en commercialisant les premières bouteilles d’une boisson qu’il appelle Big Cola en l’honneur de ses parents : Ethan Big et Abigail Cola. La boisson rencontre un succès exceptionnel dès les premières semaines et est distribuée à travers l’ensemble du continent, dès l’année suivante.

Voyant ses bénéfices augmenter de façon considérable au fil des années, Sir Ian Big fonde la ville de Big City, constituée alors des bâtiments de recherche, de l’usine de production et des habitations construites pour ses employé·e·s. Pour pallier au manque d’eau face à l’expansion de la ville, Sir Ian Big, qui s’approvisionne déjà dans des grandes firmes de traitement de l’eau et se la fait livrer dans des conteneurs, développe ce système en mettant en place de grandes cuves de stockage souterraines, et devient premier importateur d’eau du pays.

La population de Big City croissant de manière exponentielle, Sir Ian Big rachète plusieurs firmes de traitement de l’eau et est reconnu à ses 40 ans comme l’homme le plus riche du territoire. Cependant, il doit faire face à un problème majeur dans le commerce du Big Cola. En effet, la boisson contenant énormément de sucre, elle est très addictive et on la soupçonne d’être à l’origine de plusieurs décès de personnes en consommant trop, à cause également de la réglisse qu’elle contient.

Ne souhaitant pas changer la recette de son produit, qu’il estime être « un délice unique et subtil, dont chaque ingrédient en sa quantité précise ne saurait être changé, sous peine de rompre l’harmonie de la composition finale et ne donner au breuvage qu’un goût rappelant vaguement celui du Big Cola, mais n’en méritant pas le nom. » Il va avoir l’idée d’ajouter un gaz dans le produit final, transformant le Big Cola en la boisson pétillante que nous connaissons aujourd’hui.

Depuis lors, le Big Cola n’a plus jamais changé de composition, chaque nouveau directeur de la firme respectant scrupuleusement le souhait de Sir Ian Big. Celui-ci sera anobli après sa mort, en reconnaissance de la révolution apportée par le Big Cola, devenu l’emblème de la réussite de la nation.

La gestion de la firme se transmet de génération en génération aux membres de la famille Big et appartient depuis 2043 à Leandra Big, également directrice de la compagnie immobilière Big Immo et fondatrice de l’association caritative « Big Cola Donation Establishment », qui vient en aide « aux personnes n’étant plus en mesure de se nourrir par voie buccale et ne connaissant donc pas les plaisirs gustatifs comme le Big Cola ».

Dès l’entrée dans la vie politique de Mathéo Maison, Leandra Big lui apporte son soutien financier et promotionnel en faisant du Big Cola le sponsor officiel de sa campagne municipale.

Possédant déjà un partenariat avec la marque d’alimentation animale Animiam pour de la nourriture au Big cola, elle signe, en 2047, un partenariat avec les fabriquants de contraception masculine « Hayrix » pour la commercialisation de préservatifs goût Big Cola et lance, la même année, une gamme de lait infantile au Big Cola nommée Babyla.

En 2052, elle sort sa biographie intitulée « Une histoire de famille : Big », sous le pseudo Lady Xennes en l’honneur de Leandra Xennes, épouse de Sir Ian Big, dont elle porte le prénom.